L'entraînement idéal n'est pas celui que la distance de ta course t'impose, mais celui que tu peux réellement supporter. C'est donc à toi de choisir tes courses en fonction de ce que tu peux entraîner, pas l'inverse.
Partir de ton temps disponible, pas de l'objectif
La première chose à regarder, ce n'est pas la course. C'est le nombre d'heures que tu peux réellement consacrer à l'entraînement chaque semaine. C'est ce volume qui doit ensuite déterminer les courses raisonnables à viser, pas l'inverse.
Construire un plan à partir de l'objectif, en remontant depuis la date de course, est plus risqué. Beaucoup de séances finissent par passer au chausse-pied, en empiétant sur le temps professionnel ou personnel, ou sur des phases de récupération qui auraient dû rester intouchables.
Il reste possible de procéder par rétroplanning depuis l'objectif. Mais ça demande de la vigilance : il faut être prêt à corriger le volume dès les premiers signes de fatigue, voire de douleur. C'est exactement ce qui m'a manqué sur ma dernière préparation, comme je l'expliquais dans cet article.
Un jour off, pour le corps et pour la tête
Un jour sans entraînement dans la semaine est une option indispensable selon moi. Il est nécessaire aux adaptations physiologiques, qui se produisent pendant la récupération et pas pendant la séance. Il l'est tout autant pour la tête, pour ne pas rester constamment "en prise".
Quand le planning professionnel et personnel est chargé, la routine devient un outil précieux. Elle optimise le temps disponible et évite d'ajouter de la charge mentale avec trop de variations d'une semaine à l'autre.
Un exemple concret : si tu as une vie de couple, des enfants ou beaucoup d'activités au quotidien, et qu'une demi-journée se libère en semaine, c'est souvent le bon moment pour placer la sortie longue. Ça libère du temps le week-end, pour la famille ou pour toi.
Ça implique aussi de regarder uniquement ton propre entraînement, pas celui des autres. Le plan d'un collègue de sortie ou d'un athlète suivi sur les réseaux sociaux répond à son quotidien, pas au tien. Chaque emploi du temps, chaque contrainte professionnelle et familiale, chaque historique de blessure est propre à chacun. Comparer les volumes ou les allures sans connaître ce qui se passe derrière n'a pas beaucoup de sens.
Compenser un planning chargé avec des blocs
L'utilisation de micro-blocs de 3 à 5 jours, toutes les deux ou trois semaines, ou de week-ends chocs, permet de compenser un emploi du temps serré. Ces blocs accumulent un grand nombre d'heures d'entraînement sur une courte période et génèrent des adaptations physiologiques importantes, difficiles à obtenir autrement quand les semaines sont contraintes.
Guillaume Millet, physiologiste et ultra-traileur, a popularisé ce concept dans son ouvrage Ultra-Trail : Plaisir, Performance et Santé. Au-delà de l'aspect physiologique, ces blocs apportent aussi une confiance psychologique précieuse pour le jour J : avoir déjà enchaîné plusieurs jours d'effort en conditions proches de la course change la manière d'aborder le départ.
Des jours fixes, mais des séances qui changent
Bloquer des jours d'entraînement fixes, avec des durées équivalentes d'une semaine à l'autre, est utile pour la routine et pour limiter la charge mentale. Ça ne veut pas dire que la répartition d'intensité et le type de séance doivent rester identiques.
Garder de la variété a un intérêt qui dépasse le simple aspect ludique. Un exercice peu proposé, voire complètement nouveau, génère davantage d'adaptation qu'une séance répétée à l'identique. Plus une séance est reproduite telle quelle, moins l'organisme y répond fortement : il s'y est déjà adapté. C'est pour ça que moduler les vitesses, les durées et les contextes d'entraînement (terrain, dénivelé, surface) reste essentiel, même à l'intérieur d'un cadre hebdomadaire stable.
Le vélo, un allié pour accumuler du volume sans impact
Pour les traileurs, le vélo est un bon complément pour cumuler des heures d'entraînement sans ajouter d'impact au système musculo-squelettique. C'est particulièrement utile loin des périodes spécifiques, ou quand le volume de course à pied est déjà très élevé et qu'ajouter des kilomètres supplémentaires deviendrait contre-productif. Si tu roules déjà et que tu es inconfortable sur le vélo, tu peux consulter la page sur le bikefitting.
🎯 Coaching
Construire ce type de planification demande de bien connaître ton emploi du temps, tes contraintes et tes marges de progression. C'est exactement ce qu'on fait ensemble dans le suivi personnalisé.
Ce que tu dois retenir
- ✅ Le volume d'heures disponible détermine les courses raisonnables, pas l'inverse
- ✅ Un jour off par semaine est nécessaire à l'adaptation physiologique et à la récupération mentale
- ✅ Ton entraînement répond à ton quotidien, pas à celui des autres : la comparaison a peu de sens
- ✅ Les micro-blocs et week-ends chocs compensent un emploi du temps contraint et renforcent la confiance avant l'objectif
- ✅ Des jours fixes, mais des séances qui varient : la nouveauté génère plus d'adaptation que la répétition
Pour aller plus loin, tu peux lire comment polariser ton entraînement entre route et trail ou découvrir le détail du suivi sur la page formule.
Simon Thoret
Kinésithérapeute du sport & Coach | Running | Trail
📍 Lyon