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Plan d'entraînement : savoir annuler un objectif quand la douleur ne diminue pas

Par Simon THORET — Kinésithérapeute du sport & Coach | Running | Trail

Cet article n'est pas un article théorique. C'est mon histoire de ces derniers mois, celle d'un objectif de trail que j'ai fini par abandonner parce que la douleur ne voulait pas partir.

Le contexte : une reprise progressive, retour à de la vitesse mais enchaînement trop ambitieux

Après la Diagonale des Fous, j'ai repris la course progressivement à partir de décembre. L'idée était de construire tranquillement vers le marathon de Paris. Grâce à un volume conséquent accumulé sur l'année précédente, le marathon s'est plutôt bien passé mais la contrainte tendineuse n'a rien à voir avec ce qu'est celle d'un ultra-trail très technique.

C'est sur la fin de la préparation, et surtout après la course, que les choses ont commencé à devenir dérangeantes : douleur et raideur matinale sur le tendon calcanéen, puis pendant l'échauffement et enfin presque tout le long des sorties. J'avais un objectif de trail, la 6000D fin juillet, et j'ai continué à m'entraîner en essayant de ne pas faire augmenter le symptôme (diminution des allures, des temps de course, en augmentant le renforcement spécifique pour ces douleurs).

Ça n'a pas suffi.

Ce que montrent les données

En reprenant mes données d'entraînement sur cette période, un graphique résume assez bien la situation :

Graphique de l'évolution de la douleur au réveil et du volume kilométrique entre avril et août, Simon Thoret coach trail Lyon
Douleur au réveil et volume kilométrique, avril à août

Une douleur qui oscille entre 3 et 4/10 au réveil sur plusieurs mois, avec un pic à 6/10, et un volume kilométrique très irrégulier : des semaines proches de 80 km avec du D+ suivies de semaines quasiment à zéro, sans logique de charge progressive.

💡 À retenir
Ce n'est pas le volume en lui-même qui pose problème ici, c'est son irrégularité. Une charge qui monte et redescend sans continuité empêche une adaptation tissulaire optimale.

En creusant un peu plus, j'ai réalisé que cette irrégularité ne venait pas seulement d'un manque de régularité. Sur cette période, j'ai eu beaucoup de déplacements professionnels, une charge de travail plus lourde, et globalement plus de choses à gérer dans mon quotidien en dehors de la course.

Mon planning d'entraînement s'en est ressenti, sans que je m'en rende vraiment compte sur le moment, j'ai quand même dû adapter beaucoup de semaines et de séances.

C'est là toute la difficulté : les facteurs de charge non mécaniques (stress, sommeil, fatigue générale, déplacements) sont aussi déterminants que les kilomètres et le dénivelé, mais beaucoup plus difficiles à objectiver et à moduler.

La décision : annuler ma course objectif et prendre le temps de construire de nouveau

Face à une douleur qui ne diminuait pas malgré le renforcement et la diminution de l'intensité des séances, j'ai préféré repartir de zéro en volume, plutôt que de continuer à viser l'objectif de fin juillet. L'idée : remécaniser progressivement les tissus et retrouver le plus vite possible un volume sans douleur, quitte à perdre l'objectif de la saison.

Ce n'est pas un choix évident. Renoncer à un objectif pour lequel on s'est préparé pendant plusieurs mois n'est jamais confortable, surtout quand la sortie de blessure demande de repartir du même point que de nombreuses semaines auparavant.

Ce que j'en retiens

  • ✅ Difficile de vraiment moduler tous les facteurs de charge, surtout ceux qui ne sont pas mécaniques
  • ✅ Il faut parfois savoir repartir de bas pour retrouver un état sans douleur, plutôt que d'essayer de composer avec elle indéfiniment
  • ✅ S'obstiner vers un objectif, c'est prendre le risque d'ancrer la douleur de manière importante et durable
  • ✅ Même avec une bonne prise en charge et de la bonne volonté, le délai pour retrouver un volume sans douleur peut être long

Pour toi qui lis cet article

Si tu reconnais cette situation, une douleur qui traîne malgré le renforcement, un objectif qui approche et l'envie de tenir coûte que coûte, prends le temps de regarder tes données sur plusieurs semaines, pas juste tes sensations du jour. C'est souvent là que se cache la vraie cause.

Pour aller plus loin, tu peux lire ce que 12 ans de kiné du sport m'ont appris sur les blessures ou découvrir le détail du suivi sur la page coaching.

Simon Thoret

Kinésithérapeute du sport & Coach | Running | Trail

📍 Lyon

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